Washington Square Park (He was a friend of mine)

Publié le par Oyster

Le Washington Square Park, du côté de Greenwich Village, est un passage quasi-obligé quand on visite New York. Écrin de quiétude au coeur du tumulte, on y rencontre outre les flâneurs et autres touristes extasiés quelques artistes plus ou moins intéressants, essentiellement de petits groupes de jazz, mais aussi un pianiste, un bluesman à la voix cassée, un contorsionniste en combinaison léopard (?) et j'en passe. Notez que les cours d'aérobic (ou d'escrime) peuvent être l'occasion d'une bonne partie de rigolade, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici. Enfin, les plus vicieux d'entre vous apprendront que, par les jours de grande canicule, on y croise presque autant de demoiselles en tenue de plage qu'à Central Park.
Surtout, dans ce parc, on trouve un arc dédié à George Washington, réplique miniature de l'Arc de Triomphe, qui à l'origine était construite en bois et en papier mâché. Et sous cet arc, à certaines heures de la journée, on tombe sur un jeune gars maigrichon en blue-jean et t-shirt noir, qui mérite que l'on fasse un petit arrêt. Car ce type, amis lecteurs, incarne à lui seul toute l'authenticité perdue de Greenwich Village. Accompagné de sa guitare et parfois de son harmonica, il passe le plus clair de son temps à reprendre du Dylan, du Woody Guthrie et de vieilles chansons folk. Mais essentiellement du Dylan, en fait, dont il semble s'inspirer au point que l'on croit déceler en sa personne le Zim des débuts, celui qui écumait les bars du Village (à ce propos, si vous allez à NYC, inutile de vous laisser attendrir par les portraits de Dylan et de Hendrix qui ornent le Café Wha, ledit café étant devenu une horreur insipide et particulièrement ruineuse - préférez le Back Fence, c'est moins cher et vous marcherez sur un tapis de cacahuètes) et s'invitait chez quiconque possédait un coin de canapé inusité chez lui.
Ce gars d'un indéniable talent, à la voix nasillarde et aux accentuations provinciales, chante moult compositions de Dylan jusqu'à sa période électrique, et il le fait mieux que bon nombre de chanteurs reconnus - qui ne sont au mieux que de fadasses imitateurs. Ce mec, avec qui j'aurais aimé avoir des conversations plus poussées, transpire littéralement la folk music, son atmosphère et sa vérité brutes. Le genre de truc magique qui n'existe qu'à plusieurs milliers de kilomètres de la France et qui vous dégoûte de rentrer au pays. Par souci de droit à l'image, je ne posterai par de vidéo de lui. Mais, parce que Paris est bien gris, et la nostalgie bien tenace, je me sens d'humeur à écouter He was a friend of mine, comme un clin d'oeil à lui adressé.  Enjoy, et bon lundi.

 

 


Publié dans La chanson du jour

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