John Jacob Niles - Frog went a courtin'

Publié le par Oyster

John Jacob Niles (1892-1980) est un de ces passeurs de la musique folk qui ont assuré la liaison entre deux siècles. On imagine l'homme assis dans la colline, prêtant l'oreille au vent et apprenant par coeur ces balades traditionnelles que lui soufflent des fantômes. En lisant les pages de Greil Marcus consacrées à la old weird America - vieille Amérique étrange -, la bizarroïde Amérique des gourgandines, des jeunes hommes vertueux et des hybrides naissant des noces d'une souris et d'une grenouille (la famille est d'accord), je n'ai pu réprimer une furieuse envie d'aller écouter la voix profonde et drôlement haut perchée, limite effrayante, de John Jacob Niles. Une voix nourrie au lait des légendes souterraines, qui revient de très très loin pour nous coller le frisson. Bob Dylan rend hommage à Niles dans sa chanson It ain't me babe, amorçée par un "Go away from my window" qui marque le passage de flambeau. Ci-dessous, veuillez ouïr Frog went a courtin' (1956), dont les origines remontent paraît-il à l'Angleterre du XVIème siècle - l'extraordinaire bestiaire mis en scène  représenterait la cour de la reine Elizabeth. De nombreux interprètes reprirent ce titre, dont Woody Guthrie, et Dylan en livrera sa version, entre autres pépites, dans l'album Good as I been to you (1992). Je ne cache pas que c'est grace à No Direction Home, le doc de Scorsese consacré au Zim, que j'ai découvert l'existence de John Jacob Niles. Tous ces "enjambeurs" de temps, chaussés ou non de semelles de vent, me donnent le tournis et pourraient bien redéfinir notre concept usé de modernité...



Publié dans En musique et en vrac

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